-Il faut fiancer notre fils !

La réplique tomba dans le silence de la chambre, semblant tel un écho, se répercuter de mur en mur.

-Hein ?! Quoi ?! S’exclama Lady Stuge en en laissant tomber son ouvrage. Mais qu’est ce que tu raconte encore ? Alec va avoir à peine 10 ans !

-Ca me semble être un âge correct, répliqua Dan Hien qui observait par la fenêtre le village.

Ils se trouvaient tous les deux dans leur chambre, située dans la plus haute tour et jusqu’ici, tout avait été très calme. Trop calme… Assez calme pour que ce soit suspect…

- Quand cesseras-tu de vouloir marier tous les gens qui se trouvent autour de toi ? Gémit la jeune femme en se tenant la tête.

-Je n’y peux rien. Je devais être une Dame Marieuse dans une autre vie.

-Ne dis pas ça avec sérieux...

-Je suis juste tellement heureux d’avoir une jolie et adorable femme et je voudrais que tout le monde connaisse ce bonheur ! S’exclama-t-il en se rapprochant subrepticement de son épouse.

-Pas touche ! Le coupa t’elle en le menaçant de son aiguille à broder.

-Maieuuuuuh… Gémit Dan, ça fait déjà deux mois…

-Tu n’as pas encore purgé ta peine.

L’homme n’insista pas, connaissant trop bien sa femme et retourna vers la fenêtre, un peu dépité. Pour le coup, il regrettait presque d’avoir joué les entremetteurs pour le mignon petit couple des Suzukis. Presque.

-En tout cas, j’ai eu une idée grandiose pour l’anniversaire d’Alec.

-Je t’ai dis de laisser tomber.

-Tu te moque de moi, mais qui assurera la lignée quand nous ne serons plus là ? Je rêve de pouvoir voir mes petits enfants gambader dans le jardin…

-Tu t’égares. Assure-toi déjà que notre fils grandisse bien avant de t’occuper de tes futurs petits enfants.

-Mais j’adore les bébés ! Et si tu étais plus…

-N’y pense même pas.

-… On en aurait pas qu’un. Mais bon, je suis plutôt d’un bon caractère et tu cherche à me faire changer de sujet. Il n’empêche que j’ai prévu pour cet anniversaire d’inviter toutes les petites filles de bonnes familles pour qu’il puisse trouver sa future dulcinée, la femme de ses rêves.

-Dan, pour l’amour du ciel, ton fils à 9 ANS ! Il ne pense certainement pas à ce genre de choses et il risque de s’ennuyer s’il se retrouve entouré de filles !

-Mais non, je ne lui laisserais pas le temps de s’ennuyer vu qu’il va danser avec toutes ces petites filles !

-Danser ????? Alec ?????

-Mais oui, ce sera un bal ! Un bal grandiose ! Toutes les petites filles porteront des robes luxueuses, il y aura un buffet de sucreries et un orchestre jouant des airs joyeux ! Toute une salle remplie d’enfants, pensée pour les enfants, fait pour les enfants !

Lady Stuge avait depuis longtemps déconnectée et regardait son mari d’un air ébahi, se demandant dans quelle dimension il vivait et où il allait pêcher des idées pareilles.

Eh bien c’est Alec qui allait être ravi… , songea t’elle en reprenant sa broderie.

-Aaaah… Je suis un génie, termina le père de ce dernier, ses mains sur les hanches, contemplant d’un air ravi le village. Il faut que je file écrire les invitations !

***

Si Dan Hien était apprécié par nombre de villageois, il avait aussi ses détracteurs. Parmi eux, Dame Hanabi Hikaru regardait la lettre marqué du sceau du feu d’un œil méfiant comme si elle risquait de lui exploser au visage.

-Que ce passe t’il mon amie pour que vous ayez un regard si sérieux ? Demanda Myo Hikaru, la femme du chef du Clan qui était en train de nourrir son dernier fils au biberon.

Tout comme sa belle sœur, elle portait une longue robe souple et un hennin cachait sa chevelure brune.

-Une lettre de CET homme.

Mizuki qui était en train de regarder la télévision, assise sagement sur un tapis de coussin avec son cousin et son frère tourna légèrement la tête vers sa mère.

-« CET  homme » ? Oh… Tu veux sûrement parler du Maître. Ne me dis pas que tu lui en veux toujours d’avoir épousé ta meilleure amie ?

-Epousé de force, répliqua Dame Hanabi en se retenant de froisser la lettre entre ses mains, se mordant l’intérieur des joues. Je ne lui pardonnerais jamais.

Dame Myo esquissa un petit sourire et calant son bébé dans le creux d’un bras, arracha des mains de sa belle sœur la lettre.

-Hé ! Elle m’est adressée ! Râla cette dernière pendant que la femme du chef du clan l’ouvrait en gloussant.

-Ce n’est sûrement pas une lettre d’amour, ce n’est donc pas gênant que je l’ouvre à ta place puisque tu ne semble pas décidée à le faire !

Dame Hanabi détourna la tête pour cacher les rougeurs qui naissaient sur ses joues.

-Je… Je… N’ais jamais cru que c’était une lettre d’amour !

-Ho ! S’exclama Dame Myo, faisant bondir le cœur de sa belle sœur.

-Quoi ? Qu’il y a-t-il ?

-C’est une invitation !

-Pour moi ?!

-Non ! Pour Mizuki.

En entendant son prénom, Mizuki tourna à nouveau la tête de l’écran et se leva pour rejoindre les deux femmes qui étaient assise sur un moelleux canapé à fleurs.

-Qu’est ce qu’il y a maman ?

-Rien ma puce, rien d’important…

-C’est un BAL ! Ajouta Dame Myo avec un air étonné.

-UN BAL ?!?! Fit Dame Hanabi.

-UN BAL !!!!!! Fit Mizuki, largement plus enthousiaste que sa mère qui battait des cils, l’air ébahie.

La petite fille se glissa prés de sa tante pour voir la lettre :

-Un bal ?! Un bal ?! Comme pour les princesses ?!

-Mais Mizu n’a que dix ans !

-Oui comme pour les princesses. C’est en l’honneur de l’anniversaire de l’héritier du Clan du Feu.

-Mais Alec n’a que 9 ans !

-L’héritier du Clan du Feu est comme un prince, hein tante ?

-C’est vrai ma petite.

-Alors celui qui épousera le prince, deviendra une princesse !

-Hum… Sûrement…

-Est-ce que je suis la seule à trouver la situation incroyablement insensée ? Demanda Dame Hanabi sans obtenir de réponses.

-Dites… Dites ma tante… Et celle que le prince épousera sera la plus jolie ?

-Oui, il te faudra une belle robe.

-Maman, il me faudra une robe plus belle que celle de toutes les autres !

Dame Hanabi soupira lorsque Mizuki se mit à danser autour d’elle en clamant qu’elle allait devenir une princesse.

-En plus, si jamais cela arrivait, Dan Hien et toi seraient PA-RENTS, chuchota Dame Myo avec un air espiègle.

La figure d’Hanabi devint toute rouge :

-ASSEZ DE STUPIDITE POUR AUJOURD’HUI !!! IL EST HORS DE QUESTION QUE JE DONNE MA FILLE A CET INSUPPORTABLE MARRIEUR DE MALHEUR !!!

-Mais mamaaaan, je veux devenir une princesse !!!! Comme ça je pourrais porter des belles robes et une couronne, avoir un carrosse blanc et aller dans tous les bals !!!

-Tu iras à tous les bals que tu veux quand tu auras l’âge d’y assister. En attendant, vas donc t’occuper de surveiller les moutons !!! Ordonna la jeune femme en brandissant à la petite fille un bâton de bois orné d’un ruban rose et de clochette.

-D’accord ! S’exclama la petite fille en s’emparant du bâton de sa mère. Prince, au pied !!!

Un minuscule chiot blanc et frisé jaillit du tas de coussin pour courir jusqu’à sa maitresse.

Les deux compères s’empressèrent de quitter le petit salon  pour bondir jusqu’aux prés du château.

-Ah c’est bien a cet âge là, c’est encore la grande aventure de s’occuper des moutons, dans cinq ans tu l’entendras râler et trainer les pieds… Remarqua Dame Myo d’un air las, songeant à sa propre fille qui à quatorze ans trouvait qu’il y avait des choses plus intéressantes à faire et que courir après ces crétins de moutons lui brouillait le teint… 

***

Quelques notes de musiques s’éclatèrent dans les airs et des applaudissements y répondirent. Shinobu et Naru frappaient vivement dans leurs mains, saluant la magnifique performance de leur amie.

Isaka fit un sourire géné.

-J’espère que ça plaira ce soir au bal, déclara t’elle en posant son instrument sur ses cuisses.

-Quelle chance elles ont, Arisa, Mimiko, Mizuki, Asuka et Kitsune, je rêverais d’aller à un bal… Mes sœurs plus âgées ont passé toute la Saison à Bright… Bouda Shinobu. Moi aussi je voudrais passer l’été à Bright…

-Au moins toi tu auras la possibilité d’y aller quand tu seras plus grande. Moi je n’en aurais jamais l’occasion ! Déclara Naru d’un ton pincé.

-Et pourquoi ça ? S’étonna Isaka.

-Il faut deux choses pour aller à Bright : un véhicule et un chaperon. Je n’ai ni l’un ni l’autre… Ma mère ne pourra jamais m’accompagner là bas, on a besoin d’elle au restaurant… Et de moi aussi… L’été c’est la saison où nous avons le plus de monde !

-Moi l’endroit où j’aimerais aller c’est à Sawa, déclara Isaka. Toutes mes cousines y vont pour jouer de leur instrument, mais Maman ne veut pas que je les accompagne… Elle dit que je suis trop jeune pour ça…

-Sawa ? Je n’en ai jamais entendu parler, annonça Shinobu.

-Moi non plus, affirma Naru.

-Une de mes cousines m’a dit que c’était une ville trééés différente d’ici et de Bright. C’est comme s’il y avait des Rues Principales partout. Il y a des magasins partout aussi et on ne sait pas s’il y a des maisons. Les gens ne semblent jamais aller se coucher et aucune boutique ne ferme la nuit.

-Aucune boutique ? Mais comment font-ils pour ne pas dormir ? S’étonna Naru. Et pour ne jamais être fatigué ?

-Je ne sais pas… Ma cousine m’a dit aussi qu’il y avait beaucoup de femmes très maquillées dans les rues… Et que son travail, c’était de jouer de la musique pendant que des hommes boivent et discutent avec ces femmes très maquillés…

-C’est bizarre… Mais j’aimerais bien voir ça de mes propres yeux un jour, déclara Shinobu. Et jouer aussi bien que toi d’un instrument !

-Tu peux, si tu veux, lui apprit Isaka. Notre clan donne des leçons de musiques et de chants…

Isaka se retourna vers la rue principale où passaient un petit flot presque continu de personnes. Assise sur des caisses en bois dans une de ses artères, le groupe de petite fille s’était réfugiée pour écouter Isaka répéter.

Finalement, le doigt de cette dernière se posa sur un jeune homme qu’au moins une de ses amies ne connaissait que trop bien :

-Tiens lui, le fils d’Eden Barton, il est dans ma classe de flute traversière. Il joue très bien.

-T… Tro… Trowa Barton EST DANS TA CLASSE !!!???? S’anima Naru.

-Euh… Oui…

-AAAh ! JE VEUX Y ETRE AUSSI ! JE LE VEUUUX !!! Fit la jeune fille en secouant Isaka.

-Tu n’as qu’à t’inscrire aux cours de flute traversière… Répondit Isaka.

-Je vais le faire !

-AAAAaaaah nooooooooonnn ! Gémit Shinobu en sautant d’un bond de la caisse où elle était assise, le regard tourné vers la rue principale où se tenait un jeune garçon blond, pas très loin de Trowa, et qui avait entendu Naru.

-AH SHINOBU ! S’exclama Katoru. QU’EST-CE QUE TU FAIS LA ?! TU DEVRAIS ETRE A L’ECOLE !

-Les filles, ON COURS ! Annonça Shinobu en s’emparant de la main d’Isaka qui fut entrainée derrière elle. Naru n’eut même pas le temps d’esquisser un geste que le jeune garçon blond l’avait dépassé, telle une tornade.

-Mais qu’est ce qui se passe ? L’école est déjà finie… Marmonna Naru en regardant le nuage de poussière laissé par les deux blonds.

-Ca fait parti de l’entrainement ça ? Grommela Kyo prés d’elle.

Elle fit un saut sur le côté, étonné de trouver Trowa Barton, un garçon du Clan du Feu anonyme et un professeur prés d’elle.

Ce dernier, Roderick, haussa un sourcil d’un air désabusé :

-Katoru va avoir de mes nouvelles… Ce n’est pas du tout ce que j’avais prévu pour aujourd’hui… Aujourd’hui j’avais nommé mon cours « Est-ce que les yakiniku sont meilleurs quand on plie la viande avec la garniture avant de le retourner ou alors… »

-EN QUOI LES YAKINIKU VONT NOUS AIDER A AMELIORER LE CONTROLE DE NOS POUVOIRS ???? S’exclama Kyo.

-Avouez Roderick sensei, vous avez juste envie de manger des yakiniku… Approuva Trowa d’une voix un peu cassante.

-Oui bon… Peut être… Alors que pensez-vous de « utilisation de pouvoirs aux fins d’espionnage dans le terrain des sources d’eaux chaudes ? »

-Je pense que vous avez envie de voir des femmes nues…

-MAIS NON VOYONS !

Beaucoup plus loin, Shinobu et Isaka tombèrent dans un jardin après l’escalade d’une palissade en bois.

-Puuuf pufff… Shinobu il va falloir que tu m’explique comment tu fais pour être aussi agile… Lança Isaka à court de souffle.

La blonde, elle, regardait autour d’elle :

-Isaka… Tu n’as pas l’impression qu’on ne devrait pas être là ?

-On ne devrait PAS être là, on a pénétré dans la demeure du clan du Bois…

-Le clan du Bois ? Ce sont pas eux qui écrivent le journal ?

-Si, mon père dit que ce sont des gens bizarres…

La petite fille fit à nouveau un tour de l’horizon. La demeure était séparée du reste du village par une palissade en bois décoré du symbole du Clan. Des arbres poussaient un peu partout dans les espaces verts, certains étaient parfois rejoints par un hamac qui se balançait au gré du vent. C’était sûrement un endroit très agréable en été. Au milieu de ce jardin se tenait un grand ensemble, pas très différent du style de bâtiment qui logeait le Clan du Son, un manoir en brique percés de plusieurs fenêtres et de portes, aux toits d’ardoises en piques.

Des pas se firent entendre et Shinobu, pressentant ce qui allait arriver, décampa immédiatement à travers le jardin, laissant une Isaka interdite se faire écraser par un Katoru enragé.

-SHINOB…

Un Katoru qui remarqua aussitôt qui il avait fait tomber par terre et devint rouge comme un coquelicot en se rependant en excuse.

-Ahhhh mademoiselle Shouka… Je ne savais pas que vous étiez là… Aaaaah j’ai couvert votre jolie robe de poussiere….

-Non, non, ça ne fais rien. Tout va bien…

-Non non ! Je suis vraiment désolé ! Veuillez recevoir mes excuses les plus plates et les plus respectables…

Pendant que Katoru s’excusait à ne plus en finir, Shinobu continuait à errer dans le parc rempli d’arbres imposants du clan du Bois. Il semblait que ce Clan était à proximité directe de la forêt du Clan de la Feuille.

-Eh bien eh bien eh bien… On dirait un petit oiseau égaré…

La petite fille se retourna en entendant la voix masculine. C’était une voix assez… singulière. Pas désagréable pour autant, elle ressemblait à une vague. Elle charriait des tas de choses avec elle et on ne savait pas vraiment si on devait se sentir mal à l’aise, carrément visée ou tout simplement en rire.

L’homme qui allait avec semblait bien confirmer cette impression. Il devait déjà avoir la vingtaine, ses cheveux noirs étaient dégradés et les mèches les plus basses tombaient sur son cou. Une frange séparée au milieu de son visage, couvrait un peu son regard sombre et pétillant. Sa bouche était légèrement relevée à un coin et une fossette moqueuse l’accompagnait.

Il portait une chemise dont les cinq premiers boutons étaient ouverts, une veste cintrée était posée négligemment sur ses épaules. Il était assis dans l’herbe, au creux d’un tronc et tenait d’une main un livre.

-Tu devrais faire attention… A te promener toute seule, comme un petit canari sans défense… Tu pourrais faire la rencontre d’un pervers…

-Hein ?

-SHINOBUUUU !!!!! S’exclama Katoru en arrivant finalement à l’attraper : Je t’avais ordonné de m’attendre à l’école ! Qui sais quel genre de personne tu pourrais rencontrer dans la rue ! Oh… Euh… Désolé je vous avais pas remarqué…

Katoru venait finalement de remarquer l’homme assis par terre.

-Non, vous étiez trop occupé à faire la morale à votre jeune sœur…

-Désolé d’être entrer dans votre domaine sans permission, annonça Katoru en s’inclinant.

-Ce n’est rien, répliqua son ainé avant de se lever : Mais laissez-moi me présenter, je suis Shigure Kamiichimai du Clan du Bois…

-Shigure… Kamiichimai… Répéta Katoru de façon un peu hachée.

Et les quelques couleurs de son visage avaient disparue.

***

Mizuki tournait la tête dans tous les sens, observant l’immense hall du Clan du Feu, fait de pierre grise, de bois sculpté aux teintes de chaudes et aux vives et flamboyantes tapisseries dont les femmes du Clan avaient le secret.

Elle se tourna vers sa mère pour lui dire au revoir, celle-ci regardait autour d’elle d’un air pincé et circonspect avant de se pencher vers elle :

-N’oublies pas si tu voies LE grand monsieur roux t’approcher, tu t’enfuies aussitôt !

-Oui maman.

-Bien ma chérie. Amuse-toi bien avec tes amies !

La petite fille ne se le fit pas redire deux fois, dans sa belle robe de princesse mauve, agrémentée d’un collier empruntée à sa mère et d’une couronne pailletée en plastique sur le haut de sa tête, elle emprunta l’escalier que lui indiquait un domestique habillé en tout et pour tout d’une espèce de jupe quadrillée. C’était un gigantesque escalier à la rampe cirée où il devait être amusant de glisser, couverte d’un tapis rouge où ses ballerines s’enfonçaient un peu.

Il faisait agréablement chaud, des chandeliers accrochés aux murs bordaient les couloirs, leur donnant une atmosphère dorée. Elle arriva finalement face à une grande porte à deux battants qui lui furent ouvert à son arrivée, la plongeant dans un univers de musique et de couleurs. Elle lâcha une exclamation en entrant dans la salle de bal : Le parquet était en bois vernis, reflétant la lumière des deux immenses lustres couverts de bougies. Le plafond était lui aussi en bois, fait de poutres traversant de part et d’autres la pièce pour soutenir le toit.

Des tables basses, à la taille des enfants, étaient disposées le long des murs, croulant de gâteaux, de verres en plastiques de couleur dorées remplis de liquides de couleur orange, rouge ou même bleu, de bols d’où débordaient des bonbons de toutes sortes ou de la mousse au chocolat, des pommes d’amour et de la barbe à papa étaient plantées dans des cakes n’attendant que d’être cueillis et des crêpes et des gaufres couvertes de sucre, de Nutella et de confiture fumaient dans des assiettes.

Autour de ces buffets garnis, évoluaient une centaine de petites filles en robe, ainsi que quelques garçons invités par Lady Stuge qui avait eu pitié de son fils. Mais contrairement à ce qu’elle avait pensé, le petit garçon évoluait sans difficulté au milieu de la gente féminine (sans aller jusqu’à danser avec elles quand même !).

Mizuki se mit sur la pointe des pieds pour pouvoir l’apercevoir, car à l’évidence même, elle n’avait pas été la seule à voir dans cette invitation la possibilité de monter de rang social et le garçon était entouré d’un amas de fillettes se disputant pour pouvoir lui prendre la main.

C’est alors que la foule lui laissa le temps d’apercevoir un petit garçon à la tignasse rousse légèrement décoiffé, aux yeux bruns rieurs et au sourire d’ange. Quelques très légères taches de rousseurs ombraient l’arrête de son nez retroussé, lui donnant un air malicieux. Mizuki rougit : elle le trouvait juste trop mignon. 

Mais elle était beaucoup trop timide pour oser s’approcher du groupe, ainsi, elle chercha ses amies dans la foule. Elle les trouva prés d’un buffet, occupée à manger.

-Coucou, fit elle.

-Coucou Mizuki ! Répondirent Arisa et Asuka, la bouche pleine.

La première avait de la mousse à chocolat tout autour de la bouche et la deuxième avait dans les mains une crêpe à la confiture dont la confiture goutait par terre.

A côté d’elle, occupée à vider un bol de dragibus et de nounours gélifiés, Mimiko avait la mine sombre et lui tournait le dos, semblant bouder.

-Qu’est ce qu’elle a Mimiko ? S’étonna Mizuki.

-Elle est pas contente parce qu’aujourd’hui c’est son anniversaire et qu’il n’y en a que pour Alec ! Répondit Asuka avec ce ton docte que prenaient parfois les adultes, laissant à penser qu’elle répétait ce qu’avait dit quelqu’un.

-Ah oui, c’est vrai, son anniversaire… Eh bien joyeux anniversaire cousine !

La petite fille fronça de plus belle les sourcils, vexée.

-Je m’en fiche, d’abord ce soir j’aurais une fête rien que pour moi ! Et j’aurais plus de cadeau que lui !

Vu la pile de cadeau qui se tenait dans un coin de la pièce, Mizuki doutait que ce soit possible et ressentait pour la première fois de la jalousie pour l’héritier du Clan du Feu.

-Tu devrais manger de la mousse au chocolat, déclara Arisa pour changer de sujet, elle est trop bonne !

Elle ressemblait à un objet curieux avec sa robe jaune à pois blanc et ses cheveux blonds coupé à la garçonne.

-Ils vont bientôt faire commencer une partie des chaises musicales, expliqua Asuka.

-Pourquoi vous restez là au lieu de jouer avec le Prince, se demanda Mizuki, vous voulez pas devenir des princesses, danser et porter une couronne ? Après, tous les gens sont obligés d’obéir à la princesse et de lui offrir plein de cadeaux. Et puis ensuite ya un mariage avec une belle robe blanche !

-Berk ! On peut pas, c’est mon cousin ! Réagit Asuka en faisant la grimace.

-Moi je l’aime pas, grommela Mimiko.

-Moi j’ai pas envie de devenir une princesse, je préfère être un Power Ranger ! Annonça Arisa. D’ailleurs on a décidé que je serais le noir, parce que le noir c’est celui qui a le plus de classe et qui arrive au dernier moment pour sauver tout le monde ! Et on a décidé que tu serais le jaune !

-Heiin ? Je veux être le rose !

-Non, le rose c’est Mimiko qui l’a pris. Et Asuka est le rouge !

-C’est pas juste ! Je voulais être le rose ! Protesta vivement Mizuki.

-Mais qui est le bleu ? Demanda alors Asuka.

-Bein c’est… Naru, expliqua Arisa, se faisant apparemment autorité suprême en matière de Power Rangers.

-Je voulais être le rose !!!

Pendant que les petites filles délibéraient sur les couleurs, le petit garçon au milieu de la salle, habillé d’un costume de chevalier flambant neuf, regardait dans leurs directions, intrigué et vexé qu’elles ne fassent pas attention à lui. Commençant à en avoir marre de jouer au chevalier sauvant les princesses du méchant dragon (joué par Whisper Hagane, un des garçons invité par Lady Stuge, qui préférait apparemment  ce rôle.), il laissa tomber son épée de bois et se dirigea vers le groupe.

-Asuka ne peut pas être le rouge ! Le rouge c’est le leader, c’est donc moi le rouge ! Et Whisper est le bleu parce que ça lui va bien ! Et Asuka n’a qu’à être le jaune parce que c’est une fille ! Déclara Alec avec un sourire, content de son argumentation.

-Ehhh, c’est moi le jaune ! Répliqua Mizuki qui tout d’un coup semblait être attachée à cette couleur. Si je suis plus le jaune, je suis quoi ?

-Toi t’es le monstre ! Annonça après un moment de réflexion le rouquin.

-HEIIIINNN ?!? Mais pourquoi je suis le monstre ??? Demanda Mizuki les larmes aux yeux. Moi je suis une princesse, j’ai une couronne sur la tête !

-Non t’es pas une princesse !

Et Alec attrapa la couronne qui se tenait sur sa tête pour la lui enlever, lui tirant par la même occasion quelques cheveux.

-AIIIIEEEEEUUUHHH !!! Tu m’as fait maaaaalll !!! Je vais le dire !!! Explosa finalement Mizuki, fondant en pleurs.

- Rends-lui sa couronne ! Réagit Arisa en se préparant à la bagarre.

-Non ! Je fais ce que je veux, c’est mon anniversaire ! Répondit Alec bien que voir la petite brune pleurer comme une fontaine le rendait mal à l’aise.

-OUIIIIINNNNNNNNNNNNNNN !!!!!

Et Mizuki s’enfuit en courant vers la porte pour aller pleurer dans un coin.

***

Kitsune regardait en direction de l’incident, intriguée par ce qu’il se passait. Elle repéra alors une petite fille qu’il lui semblait déjà avoir vu. Elle se souvint alors de la fête du nouvel An où un des membres du Clan du Métal avait attrapé Bubulle et lui avait offert. La petite fille aux poings serrés devant elle était sa cousine.

-Que se passe t’il là bas ? Demanda Isaka qui était descendue de l’estrade où jouaient les musiciens.

-Je ne sais pas. On dirait que mon cousin à fait du mal à une fille… Et j’ai l’impression de connaitre l’une d’entre elles…

- Dans ce cas, pourquoi n’irais-tu pas la voir ? Proposa Isaka en la poussant devant elle.

-Euuuuuh maieuuuuh attends !!! Gémit la rousse qui était trainée de force par la petite musicienne jusqu’à se trouver au milieu du groupe des enfants qui se retournèrent vers elles avec curiosité.

-Euuuh, salut ? Je suis Kitsune Chelyan, je suis la cousine de Alec, annonça t’elle en rougissant.

-Et moi je suis Isaka Shouka ! Répondit son amie avec enthousiasme.

-Euh… Vous voulez jouer au Power Rangers aussi ??? Demanda la blonde.

-Hé ? Power Rangers ? 

-De toute façon, on a toutes les couleurs, répliqua Alec qui ne se tracassait plus à propos de la petite fille qu’il avait fait pleurer (les enfants ne se tracassaient jamais très longtemps.).

-Euh non… Je suis juste venue parce que… Parce que… Ton cousin m’a aidé à attraper Bubulle à la fête de fin d’année dernière… Expliqua Kitsune avec confusion.

-Mon cousin… Tsume ?

-Euh non, il s’appelait un truc comme Claude, réfléchit la jeune fille.

En fait ses souvenirs étaient flous à ce sujet. Elle n’y avait pas vraiment fait attention.

-Claude ??? J’ai aucun cousin qui s’appelle comme ça… Mes deux cousins s’appellent Tsume et Cloud…

-C’est ça ! Claude !

-Non Cloud.

-Claooode.

-C’est mieux. Moi c’est Arisa. Si tu veux on peut inventer des couleurs pour jouer.

-On est pas censé être à un bal et danser ? Demanda Kitsune devant l’entêtement de la petite fille à vouloir jouer aux Power Rangers.

Pendant ce temps, Isaka discutait gaiment avec Asuka et Mimiko tandis qu’Alec, ne supportant pas de ne pas être le centre de l’attention, reparti auprès de ses admiratrices. 

-Bah, non ça c’est pour les filles ! Affirma Arisa, les poings sur les hanches.

-Mais TU ES une fille !

La petite blonde resta perplexe un instant avant de brutalement changer de discussion :

-Tu devrais essayer la mousse au chocolat, elle est super bonne !

-… -_-‘

-Moi je pourrais en manger des tonnes et… Commença-t-elle en se retournant brutalement, se prenant alors quelqu’un en pleine face.

La personne à l’évidence plus grande et plus lourde qu’elle ne bougea pas d’un iota tandis qu’elle se retrouva les fesses par terre, hébétée.

-Désolé, fit un garçon roux en la regardant d’en haut.

Il était habillé d’une espèce de couverture quadrillée rouge et verte qu’il s’était entouré autour de la taille, puis drapé sur son épaule. Une ceinture semblait maintenir le tout en place. Il portait un plateau remplis de friandises qu’il tenait à deux mains.

-Kyo tu pourrais faire un peu attention ! Le gronda Asuka.

-Ouais, ça va la centrale électrique, c’est pas comme si je l’avais fait exprès !

Asuka lui tira la langue pour lui montrer ce qu’elle en pensait de ses surnoms stupides pendant qu’il posait son plateau et attrapait le bras d’Arisa pour la remettre sur pieds.

La petite fille n’avait pas reconnu sur le coup Kyo à cause de son déguisement bizarre, mais maintenant qu’Asuka l’avait identifié, elle reconnu le grand qu’elle avait rencontrée le jour de la tempête.

-Tu es vraiment imprévisible, lâcha Kyo. Tu devrais faire attention, tu vas finir pas faire du mal à une personne sans le vouloir !

-Oui, compris Kyo ! Mais… Pourquoi tu es habillé comme ça ?

-C’est la tenue traditionnelle du clan du feu, expliqua Asuka coupant le sifflet à Kyo, ça s’appelle un tartan !

-Oui et je suis là parce que Dan Hien a réquisitionné tous les membres du Clan pour faire l’accueil et le service, grommela le roux. Encore heureux qu’il nous paie un peu pour ça… Mais il devrait faire attention, Alec est bien parti pour devenir un enfant gâté… Un père gaga, ça donne jamais rien de bon…

-Ma mère m’a dit que ton père était gaga de toi quand t’étais petit, persifla Asuka avec un grand sourire.

-Tante Vixen a dit ça ?!

Kyo allait s’énerver, mais il sentit les mains de Arisa se reposer sur ses bras. Elle le regardait avec des yeux pétillants :

-C’est chouette, votre famille ressemble à la mienne. Il y a pleins de monde et on se dispute souvent aussi ! Puis après on se met tous à rire. J’adore ça !

-Tu as de la chance Arisa, intervint Kitsune, moi ya pleins de monde mais ce n’est pas vraiment amusant ! On se marche dessus et je pense pas connaitre la moitié de mes cousines…

-C’est pas marrant…

-Bon, je dois continuer mon travail, se reprit Kyo en reprenant son plateau.

-Dis Kyo, l’arrêta la blonde, si je vais au dojo, j’aurais une chance de pouvoir jouer avec toi ?

-Jouer ?

-Oui ! Et puis je voudrais que tu me montre comment me battre !

-Comme si tu n’étais pas assez dangereuse comme ça ! Plaisanta l’adolescent en passant devant elle.

***

Mizuki avait quittée le grand hall par la porte par laquelle elle était entrée quelques minutes plus tôt. Sans réfléchir, les yeux embués par ses larmes, elle avait emprunté un couloir en espérant qu’il la ferait sortir du château… Mais ce ne fut pas le cas.  Comme dans tout le château, le plancher était d’un bois couleur miel et des chandeliers accrochés aux murs nimbaient les lieux d’une lueur réconfortante. Contrairement au château du Clan du Métal où elle avait eu l’occasion d’entrer lors des anniversaires d’Arisa, les couloirs n’étaient pas habités par des rangées d’armures brillantes, ce qui ne lui faisait aucun coin obscure où se cacher pour pleurer de tout son soul.

Le prince Alec était peut être mignon, mais il était aussi très méchant. Il l’avait traité de monstre et lui avait tiré les cheveux. Mizuki aurait aimé plonger dans les bras de sa mère pour tout lui raconter avant de se faire réconforter. 

Apercevant un escalier qui montait au deuxième étage, elle se cacha sous ce dernier en espérant que personne ne la verrait. Tout en souhaitant évidemment être retrouvée au moment où elle le désirerait.

Mais évidemment, après qu’elle eut pleuré, elle se mit à craindre qu’on ne l’ait oublié et elle guetta avec attention tous les bruits de pas qui pourraient venir dans sa direction. Et puis au bout d’un moment, lorsqu’elle en eut assez d’attendre et qu’elle fut persuadée que personne ne viendrait la chercher, elle éclata à nouveau en sanglots.

-Eh bien, que fait donc ici une aussi jolie petite fille à pleurer toute seule ?

La brunette cessa de crier son désespoir et renifla deux fois en levant la tête vers l’adulte aux cheveux roux qui se tenait accroupit devant elle, un sourire aimable accroché à ses lèvres. 
-Les filles ne devraient pas pleurer, déclara t’il en sortant un mouchoir en tissu d’un petit sac qui pendait à sa ceinture.

Il essuya les joues de la petite fille avec douceur et celle-ci se laissa faire, se sentant d’un coup beaucoup mieux.

-Voila. C’est mieux. Quelle adorable jeune fille se trouvait sous toute cette eau ! Maintenant, si elle pouvait me faire un joli sourire, ce serait encore mieux !

Mizuki esquissa un sourire en réponse et se laissa relever par l’homme qui faisait bien trois fois sa taille.

-… Oh ! Fit la jeune fille en reconnaissant alors l’homme qu’elle avait devant elle.

Celui-ci voulu lui donner son mouchoir, mais elle se mit alors à courir loin de lui comme si elle avait découvert qu’il s’agissait du diable en personne.

-Mais… Ne put que prononcer Dan, choqué, avant qu’elle ne trébuche à quelques mètres de lui et s’étale de tout son long par terre.

-… -_-‘

Il fit en quelques enjambé prés d’elle pour s’assurer qu’elle n’avait rien.

-Qu’est ce qui t’a pris de décoller comme ça ? Encore une chance que tu ne te sois pas cogné le menton par terre…

-Mais… Mais… VOUS ETES LE VILAIN GRAND MONSIEUR ROUX !!! Expliqua Mizuki en essayant de se relever.

-« Le vilain grand monsieur roux » ???? Tu ne confondrais pas par hasard avec le « vilain grand méchant loup » ? Tu es bien la première enfant à me fuir comme ça… Fit remarquer Dan, l’air faussement indigné.

-C’est ma maman qui m’a dit que si je voyais « le vilain grand monsieur roux » (note : elle n’a jamais dit « vilain » mais Mizuki a extrapolé XD), je devais m’enfuir !

-Ah bon ? S’étonna l’homme en cherchant dans sa tête qui pouvait bien lui en vouloir. Mais je manque à tous mes devoirs… Je suis Dan Hien, le maitre du Clan du Feu. Et vous, charmante enfant, qui êtes-vous ?

-Je suis Mizuki !

-Et ta maman, quel est son nom ?

-Ma maman c’est Dame Hanabi ! Annonça Mizuki avec fierté.

-Je vois, Dame Hanabi Hikari… Et donc tu es Damoiselle Mizuki Hikari. Pas étonnant que je ne t’ai pas reconnu, la dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais encore qu’un petit bébé très mignon !

-Vous m’avez vu quand j’étais bébé ?

-Oui, à ta naissance, puis à la naissance de ton petit frère.

-Ca fait longtemps. Maintenant je ne suis plus un bébé !

-Oui. Maintenant tu es jolie jeune fille, répondit Dan avec un sourire que certain craignait énormément. Très jolie même… Tu as rencontré mon fils Alec ?

Mizuki se renfrogna aussitôt au nom du garçon qui était à l’origine de sa situation actuelle.

-Mmh ? Il est adorable n’est ce pas ? C’est le plus mignon petit garçon du monde ! Ca ne te dirait pas de passer quelques temps avec lui… ? Pour jouer ?

-Non ! Il n’est pas gentil avec moi !

-Quoi ? Quoi ? Quoi ? Alec pas gentil ? Ce doit être une erreur, ne t’en fais pas !

-Non, il a dit que je devais jouer le monstre ! Mais moi j’avais mis une couronne pour être une princesse et il me l’a prise et m’a tiré les cheveux !

-Oh… Et c’est à cause de ça que tu pleurais toute seule dans ce coin ? Fit Dan, à la fois mortifié que la prunelle de ses yeux est fait pleurer une fille et attendri par cette histoire. Et bien nous allons réparer cet affront.

Il lui prit la main et l’invita à le suivre le long des couloirs. Ils s’arrêtèrent face à une double porte du deuxième étage et Dan détacha le collier qu’il portait autour du cou et où pendait une clef. Il introduit celle-ci dans la serrure qui claqua et invita la petite fille à entrer.

C’était une grande salle sans fenêtre, située au centre du château, elle était remplie d’armoires et de vitrines. Au centre se tenait une très longue épée posée sur un piédestal de pierre. Mais ce n’est pas vers cette arme que l’homme la conduisit. Il ouvra l’une des armoires, faisant découvrir aux yeux émerveillés de Mizuki tout une série de bijoux brillants et scintillants.

-WOUAAAH C’EST MAGNIFIQUE !!!

Tout en haut se tenait une série de couronnes, de diadèmes et de tiares, tantôt d’or, tantôt d’argent, voire semblant faite uniquement de diamants. Plus bas on pouvait apercevoir des colliers et des rivières de perles.

-Cela fait parti du trésor familial des Hien. On a des bagues et des boucles d’oreilles dont une autre armoire, mais j’ai cru comprendre que tu t’intéressais plus particulièrement aux couronnes, expliqua Dan.

Il prit avec délicatesse une fine tiare d’argent entrelacé, portant en son centre une goutte de lapis lazuli et la déposa cérémonieusement sur la belle chevelure brune de la jeune fille qui n’osait plus bouger.

-C’était un cadeau de fiançailles que mon père à fait à ma mère. Aujourd’hui je te la donne.

-C’est vrai ?! Vous… Vous me donnez cette couronne ?

-Oui, elle te va bien. Elle remplacera celle que tu as perdue.

-Oh merci, merci beaucoup ! Je ne vois pas pourquoi maman dis que vous êtes très vilain, moi je vous trouve très gentil !

-A la bonne heure ! S’exclama Dan, ravi, il est bon qu’une bru s’entende bien avec son beau père ! 

-Hein ? « Bru » ? Qu’est ce que ça veut dire ?

-Rien d’important, ne t’en fait pas. Et si tu allais montrer ta jolie couronne a tout le monde maintenant ?

-Oh oui ! Encore merci monsieur !

Dan la regarda sortir de la pièce en trottinant et ne put s’empêcher de se frotter les mains.

-Bien, bien, bien, on dirait que les choses prennent une jolie tournure…

A ce moment là rentra Lady Stuge qui regardait d’un air étonné la petite brune disparaitre dans les escaliers.

-Ah tu étais là Dan ? Hakuron te cherchait partout et son fils est sur le point de piquer une crise. C’est toi qui a voulu cette fête, tu devrais être là bas à tout organiser… Mais au fait, cette petite fille n’avait pas sur la tête la tiare de ta mère ??? Qu’est ce que tu faisais seule avec elle ???

-Rien de compromettant ma douce, ne sois pas jalouse !

-… J’ose espérer que tu ne faisais rien de compromettant… Tu lui as offert cette couronne ? Pourquoi ? Les gens vont se poser des questions s’il la voit sur la tête de Mizuki…

-Oh je vois que tu connaissais Mizuki… Mais c’est vrai que tu entretiens de bonne relation avec Dame Hanabi, se rappela Dan.

-Exacte. Nous sommes amies depuis l’académie.

-… On dirait qu’elle ne m’aime pas.

-Elle ne t’aime pas, trancha lady Stuge sans pitié.

- Mais pourquoi ? Qu’est ce que je lui ai fait ?

-… Tu as épousé sa meilleure amie, répondit sa femme avec un air lointain. Tu sais, à l’époque… Hanabi était amoureuse de toi.

-Vraiment ?! Je l’ignorais. Mais à ce que j’en sais, ce n’était pas la seule… Insinua Dan en remémorant ses années d’apprentissages.

-Cesse donc de t’envoyer des fleurs…

-Navré. Mais tu sais qu’à cette époque déjà je ne regardais que toi ! Mais je suis heureux de savoir ça. C’est encore mieux. Hanabi et moi on aurait jamais pût se marier, l’eau et le feu ne font pas bon ménage, c’est connu ! Par contre, le feu et la lumière sont fait pour être ensemble ! Bien que cette enfant ait un peu d’eau. Mais un peu d’eau ça va, c’est même plutôt bénéfique.

-Mais de quoi parles tu donc ? Demanda Stuge qui comme à son habitude, n’arrivait pas à suivre les pensées de son époux.

-D’une réconciliation entre nos deux familles. Hanabi n’a pas pût m’épouser, mais Mizuki peut épouser Alec ! Il faut que je trouve le temps d’avoir un entretien avec le père demain… Comment s’appelle-t-il déjà… ? Ah oui ! Andrew ! Ah et j’allais oublier Hakuron et Wufei…

-… Dan. Je t’en pris, tais toi un instant, le coupa Stuge qui devait utiliser tout son self control pour ne pas exploser.

-Oui mon amour, je suis tout a toi !

-Bien… Si j’ai bien compris ce que tu essayais de dire, c’est que tu veux fiancer Alec à Mizuki ????

-Eh bien oui ! Sinon pourquoi me serais-je embêter à organiser ce bal !

Lady Stuge ne pu s’empêcher de prendre son front dans ses mains de désespoir :

-As-tu seulement parlé de cela à Mizuki ?

-Un peu. Mais ce n’est pas important, je suis sur qu’Andrew et moi allons tomber d’accord !

-COMMENT CA CE N’EST PAS IMPORTANT ?!? N’est ce pas les principaux concernés, Alec et Mizuki qui auront à subir ce mariage toute leurs vies et non pas Andrew et toi ? Je refuse de concourir à cette mascarade et je ne donnerais mon accord pour ce mariage que lorsque j’aurais vu Alec et Mizuki me dire que c’est ce qu’ils veulent !

-Mais… Ma chérie… Mon amour… Ma tendre… Pourquoi n’as tu pas confiance en moi ?Je n’ai pas choisi Mizuki au hasard, je suis certain qu’ils iront très bien ensemble…

-Je ne bougerais pas de ma position !

Dan sembla contrarié et croisa les bras pendant quelques minute avant de retrouver tout son panache :

-Très bien.

Lady Stuge cru qu’elle allait s’effondrer d’étonnement. C’était la première fois que son mari semblait devenir raisonnable.

-Très bien ?

-Oui. Si j’ai bien compris, ce que tu veux, c’est de l’amour entre eux, eh bien il y aura de l’amour entre eux ! Je suis sur qu’Andrew sera d’accord à ce que nos deux enfants se voient le plus souvent possible ! Si l’amour ne nait pas entre eux alors, je veux bien me faire moine !

Ce qu’il était déjà sur au moins un des aspects, songea t’il avec dérision.

-Et moi qui ai cru un instant que tu t’étais rangé à un avis censé… Oh, je sais que je ne peux pas t’empêcher d’organiser cela, mais laisse moi te dire que si tu crois qu’Hanabi va te remercier et se mettre à danser la gigue, tu te mets le doigt dans l’œil !

A suivre…