Project: The year of thirty-sixth Dragon

08 avril 2008

Introduction : Ce qu'il y a à savoir au sujet de Yamamachi et de l'année du 36eme Dragon

    Yamamachi est un grand village niché dans une vallée, traversé d'une grande rivière et entouré de part et d'autre de montagnes boisées. Ce qu'on appelle "grand village" est surtout dû aux immenses propriétés des grandes familles qui y habitent, pouvant parfois englober des hectares de forêt ou des carrés de champs.
Au nord, la colline du Clan du Feu où est perché "Whispered Sun Castle". Jouxtant leur terre et partageant leur forge dans la montagne, le Clan du Metal. A l'est, le long de la rivière, la demeure du Clan de l'Eau et au sud-est, prés des rizières, le chateau du Clan de la Lumière. Au sud, à l'orée de la forêt, le mysterieux Clan des Feuilles et leur forteresse végétale. Au sud ouest, la demeure du Clan de l'Air, perché sur une arête de montagne et pour finir au nord ouest, le chateau et les champs du Clan de la Terre.
Ces grandes familles entouraient le village regroupant les maisons de clans de moindre importance. Mais que sont "les grandes familles"et à posteriori les "familles" ou "Clans"?
Les familles ou Clans sont un groupe de personnes liés le plus souvent par le sang ou le mariage (quoiqu'il peut y avoir des exceptions) et par cela dotés des capacités héréditaires de leurs ancètres, que ce soit controler le feu ou faire pousser les arbres, allant jusqu'au controle psychique et à la télékhinesie. Dans chaque Clan, il y a une famille principale, réprésenté par l'ainé de la famille, celui-ci étant considéré comme le Chef du Clan, et des familles secondaires de frères, d'oncles et de cousins.
A Yamamachi, deux Clans sont considérés superieurs tant par leur force numérique que par leurs capacités.
Le premier, le plus puissant, est celui du Feu, la famille Hien. D'ailleurs, comme il est de coutûme dans le village, l'actuel Chef du Clan considéré comme "superieur", était aussi le Maître de Yamamachi.
En gros, être Maître de Yamamachi constituait à faire un discours lors des grands évènements, à surveiller à ce que les lois soient respectés, s'occuper des naissances, des mariages et des décés, juger les coupables et botter le train aux voleurs, brigands ou envahisseurs. C'est comme ça que le voit l'actuel Maître en tout cas.
Le deuxieme Clan est celui des Feuilles, controlés par la famille Barton, "les pousseurs d'arbres" comme on les nomme parce qu'ils controlaient une grande partie de la forêt. C'était des guérisseurs qui connaissaient tout des plantes et vivaient en harmonie avec elles.
    Dans les puissantes familles, dites de "noblesse", parents et enfants, soeurs et frères, cousins et cousines vivaient donc ensemble au sein d'une grande communauté. Toute leur vie se basait sur cette capacité héréditaire qui leur était donné à la naissance, parfois plus puissantes chez certains que chez d'autres, il n'était donc pas rare de voir les familles chercher à protéger ses secrets et la "pureté" de son pouvoir par des mariages au sein du même Clan, plus ou moins consanguins.
D'autres au contraire, jouaient des alliances entre les Clans, esperant obtenir un peu plus de puissances. Des fois cela marchait, des fois pas.
    Ce dernier cas se produisit l'année précédant la 36eme année du dragon, cette année terrible vu l'extermination presque complète du Clan de l'Air par le Clan de l'Eau, deux autres familles dont la puissance équivalait celle du Clan de la Terre et venait aprés celle des Feuilles.
Le mariage de la fille aînée du Chef du Clan de l'Eau avec le frère du Chef du Clan de l'Air se solda par la mort de ce dernier, quelques semaines aprés les épousailles. Le Clan de l'Air accusa sa femme de l'avoir tué, car on savait que le Clan de l'Eau était expert en technique d'assassinat. Le Chef du Clan de l'Eau, qui était un homme bouffi d'orgueil, accepta mal cette accusation et pour venger l'honneur de sa fille, fit une descente dans la demeure de la famille adverse où il tua en une nuit plus de cents hommes sans faire aucune distinction d'âge, de sexe ou de statut.
A la suite de cet acte, le Maître de Yamamachi n'eut d'autre alternative que bannir l'homme du village.
    Heureusement, à la suite du deuil du Clan de l'Air vint une année particulièrement prospère et rempli de joie. La 36eme année du dragon fut celle qui vu le plus de naissances, celles-ci pourtant rare. De nombreux aînés virent le jour dont énormément de filles. Les filles n'étaient pas méprisée dans le village et on attendait leur naissance aussi impatiemment que celle des garçons, même si les parents savaient qu'un jour, elles les quitteraient pour aller vivre dans la famille de leurs époux.
De toutes les naissances qui eurent lieux, seules certaines, dans cette histoire, nous interressent vraiment.

La premiere naissance arriva avec les dernières gelées, le 22 fevrier. Le fils cadet du Clan de la Terre et son épouse, une cousine du Chef du Clan du Feu, vinrent au Temple présenter au Maître de Yamamachi, leur seconde fille, appelée Kitsune avec l'espoir qu'elle serait aussi belle que sa mère que son père comparait à un renard de feu.

Trois jours plus tard, ce fut à la famille Seiei, petit Clan sans prétention qui avait acquis un certain prestige grace à la pratique d'un redoutable Art Martial secret, de présenter leur aînée, une charmante fille qu'ils nommèrent Sumomo en hommage à la fleur de prunier.

Au mois des cerisiers en fleurs, le 15 avril, vint au Temple l'une des soeur du Chef du Clan du Feu, présenter son ainée qu'elle avait eu hors mariage_ le scandale fut vite étouffé par le Maître du Village et elle nomma son enfant Asuka, en esperant qu'elle aurait des lendemains heureux.

Au printemps, le 4 mai, ce fut le tour du Chef du Clan du Metal et de son épouse de présenter leur aînée qu'ils nommèrent Arisa, car ce prénom sonnait comme la chanson d'une épée.

Quelques semaines plus tard, le 23 mai, l'un des frères du Chef du Clan de la Lumière et son épouse, la soeur cadette du Chef du Clan de l'Eau vinrent présenter leur ainée, Mizuki, appelée ainsi pour qu'elle se souvienne qu'elle était aussi issue du Clan de l'Eau.

Au mois des vendanges, le 23 septembre, ce fut au tour de la famille Rakusu de présenter leur fille ainée qu'ils nommèrent Shinobu pour qu'elle puisse tracer son chemin avec persévérance.

Au mois des premiers vents froids, vint la naissance la plus attendue de l'année, le 29 novembre, le Chef du Clan du Feu et son épouse, l'une de ses cousines, présentèrent au village leur premier fils qu'ils désespéraient de ne pas avoir. Il fut appelé Alec.

Le même jour, ce qui est assez extraordinaire pour être cité, on fêtait dans le Clan de l'Eau la naissance du premier enfant du Chef, une fille, qu'il nomma Mimiko car il avait de grandes espérances pour elle.

La dernière naissance qui boucla une année de prospérité arriva avec la première neige, quelques jours aprés la fête du Solstice d'Hiver, la famille Tamashi vint présenter au Maître de Yamamachi leur ainée, nait le 27 décembre, qu'ils appelèrent Naru. 

    Les années qui vinrent furent assez heureuses pour oublier les malheurs qui avaient frappés le village pendant le dernier cycle (1 cycle= 12 ans). Quand on fêta le chiffre céleste des Trois ans des enfants, on avait déja eu l'occasion de constater que cette génération serait puissante.
Chez les enfants aux pouvoirs héréditaires dit "élémentaires" (feu, terre, eau...), on s'apperçut trés vite de leurs capacités.
Ainsi on découvrit que le père d'Asuka était certainement un défunt du Clan de l'Air quand elle électrocuta pour la premiere fois son cousin Wufei. A partir de ce jour, on l'habilla aussi bien des vêtements du Clan du Feu que de ceux de l'Air.
Dans la famille Ryu, le Clan de l'Eau, on fut ravie de s'apercevoir que Mimiko possedait "l'oreille du Clan de l'Eau" comme l'avait souhaité son père, ce qui était trés important pour la suite, même si pour l'instant, cela la faisait pleurer sans arret. La famille fut d'ailleurs honoré d'une autre petite fille qui fut nommée Umiko.
Dans le Clan du Feu, on s'émerveillait de la puissance du petit Alec qui brulait les meubles dés qu'il n'avait pas ce qu'il voulait et de ces beaux cheveux roux, preuve évidente qu'il était de la famille.
Dans le Clan de la Lumière, on apprecia la capacité d'auto régénération de Mizuki à chaque fois qu'elle se faisait mal, ce qui était assez fréquent, même si la petite fille ne s'en aperçevait pas et continuait d'hurler de douleur.
Du côté du Clan du Metal, on ne remarqua par contre rien d'autre que l'énergie de leur petite fille, de la force qu'elle mettait à détruire tout ce qui était à portée de ses petites mains et une prédiction pour tout ce qui était mettalique et _de préférence_ coupant. Une enfant hyperactive trés fatigante...   
    

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Premiere partie

Le Temps des Jeux

chapitre 1: Les apprentis espions
chapitre 2: Voeu à la lune
chapitre 3: Jour de l'An
A propos de la famille de Naru 
chapitre 4: Tempête pour cause de chaleur partie 1 et partie 2 
chapitre 5: L'anniversaire de l'héritier du feu
Fanfic: Ceili - invitation
Fanfic: Ceili chapitre 1 
Arbre généalogique du Clan du Feu
chapitre 6: Le secret de Lady Vixen
Les adultes du Clan du Feu 
Les adultes du Clan du Métal
chapitre 7: Le tournoi des quatres éléments

Les Années d'Apprentissage

chapitre 1: 

Note: Les dessins ne sont pas indiqué dans le sommaire. 

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Chapitre 1: Les apprentis espions

    Lady Stuge Hien était une femme respectée dans tout le village. Un beau visage, la peau pâle, une chevelure de feu, un maintien altier, tout ce qui avait poussé son cousin de Chef de Clan à l'épouser. C'était ce qu'elle avait à l'esprit, à quatre patte par terre, le nez dans la poussière, regardant sous le solide lit en chêne de la chambre de son fils, dénombrant les jouets qui y avaient été abandonné ou y avait été caché pour cause de maltraitance.
Elle se releva, la mine contrariée, époussetant les éventuelles pelotes de poussière qui aurait pût s'accrocher à son élégante robe de soie sur laquelle s'étendait le plaid aux couleurs de son époux. Les trois servantes, derrière elle, se tenaient les mains jointes sur leurs cuisses, l'air penaud: Elles avaient encore perdu l'héritier.
Un petit sourire effleura les lèvres rouges de Lady Stuge: Alec, à a peine neuf ans, était un vrai phénomène.
-Il n'est pas sous le lit, constata t'elle. Mesdames, il ne nous reste plus qu'à le chercher dans tout le domaine.
Cette affirmation causa une salve de soupirs que Lady Stuge, bien que le comprenant, ne voulait pas entendre. Elle tapa dans ses mains pour les faire bouger, avant de se diriger d'un pas lent vers la grande fenêtre lambrissée de la chambre.
Elle contempla rêveusement le paysage noyé de brumes, la verte herbe qui poussait dans son jardin, soigneusement tondue, les quelques arbres solitaires et décharnés et plus bas, le village dont on distinguait surtout les petites colonnes de fumées qui s'échappaient paresseusement des cheminées.
Whispered Sun Castle était construit en haut d'une colline, sa réputation était que du haut de la tour d'observation, on pouvait voir les terres environnant Yamamachi dans leur totalité. Oui, le château était immense, autant à l'horizontal qu'à la vertical, mais ça ne l'avait pas empêché de devenir trop petit pour le Clan. Ils étaient soixante-cinq cette année et des travaux d'agrandissement étaient encore en cours. Encore et toujours. Depuis sa naissance dans ce château, il lui semblait avoir toujours vécu dans les chantiers. Des petits pavillons autonomes avaient fleuri comme des pâquerettes indésirables le long du flan de sa colline et de son gazon. Ils avaient poussés autour de la route et de l'escalier de pierre qui serpentait jusqu'en bas et passait sous l'arche qui séparait les terres du Clan et celles du village.
Des mains se nouèrent autour de son ventre et un corps souple et musclé vint se coler contre son dos.
-A quoi es tu en train de rêver mon amour? Bourdonna Dan Hien, le Chef du Clan du Feu.
-Ton fils a encore disparut.
-C'est aussi ton fils, s'amusa t'il à lui rappeler, et c'est particulièrement ton fils lorsqu'il disparait. N'est-il pas en train de monter le poney que nous lui avons offert pour son anniversaire?
-Cela m'étonnerait, j'ai demandé à Chuck de ne pas le laisser monter sans surveillance.
-Oh quelle mère sévère...
Lady Stuge se retourna vers son époux, il était plus grand qu'elle, son visage était encore jeune, il le paressait encore plus avec l'air doux qu'il lui adressait, ses yeux bruns, presque rouge et sa longue frange rousse qui lui tombait de chaque côté du visage. Posant une main sur une joue, elle repensa au parcours de cet homme, devenu Chef de Clan et Maître de Yamamachi. Il y a dix ans, son père était brutalement mort et le premier acte de Dan en tant que Maître du village, avait été de s'occuper de l'affaire du massacre du Clan de l'Air, cela avait été très éprouvant pour lui.
Elle espérait que plus jamais il n'aurait à juger d'un cas pareil.

   Alec finit par trouver la semelle des chaussures de sa cousine. Elle se trouvait à quatre pattes devant lui, sous le plancher de l'étroit passage-secret du château.
-Asuka, tu sors encore voir les guérisseurs? Je viens avec toi!
La fillette tourna la tête vers lui, la bouche tordue de désaccord:
-Non! Si tu viens on va te chercher et je vais avoir des ennuis.
Elle continua sa route mais Alec n'avait pas dit son dernier mot et la rattrapa en trottant comme un petit chien.
-Si tu veux pas me laisser venir, je vais le dire à papa et papa te grondera! La menaça t'il.
Il se reçut à nouveau un regard furieux.
-T'es qu'un sale rapporteur! Grogna Asuka.
-Et toi t'es moooche! Répliqua Alec en tirant la langue.
-Gué... S'énerva Asuka avant de lui décocher un coup de pied en plein dans le visage.
La réaction ne se fit pas attendre et une explosion de pleurs vint lui déchirer les tympans.
-TU M'AS TAPPEE! TU M'AS FAIT MAAAAL! JE VAIS LE DIRE A PAPAAAAA!!!!!
*Mais quel pleurnichard!* Grommela Asuka en détalant, songeant que si on la choppait maintenant, elle pourrait dire adieu à sa sortie.
Elle déboula finalement du passage secret par le pavillon le plus proche de la sortie. Il lui restait encore trente mètres à parcourir sans se faire attraper. Elle inspira un bon coup et tenta son sprint final, sortant à découvert et dévalant la colline.
-C'EST MOI QUE VLAAAAAA!!!! Annonça-t-elle en dépassant le dolmen qui servait d'arche et en sautant dans la rue.
Derrière le mur de pierre qui délimitait le terrain, elle trouva deux petites filles aux cheveux noirs comme l'ébène. Les cousines la regardèrent d'un air las avant de se lever de leur place. Si Asuka s'était attendue à trouver Mimiko, elle était étonnée de la petite fille qui se tenait timidement derrière elle, tenant fermement sa main.
-Je ne pouvais pas laisser Mizuki toute seule, expliqua Mimiko. 
La couleur de leur cheveux était la seule chose que les cousines avaient en commun, Mimiko avait les cheveux aussi bouclé que Mizuki les avait raides, la première était mâte de peau alors que la deuxième était blanche comme une perle. Cependant elles s'entendaient trés bien, leur famille se visitant très souvent.
Asuka jugea qu'elles avaient perdu assez de temps et attrapa possesivement la main libre de sa copine pour la trainer derrière elle. Pour elle, il était hors de question de rater le spectacle, d'autant plus qu'elle savait qu'elle serait punie une fois rentrée.
Tout ça à cause de son "très cher" cousin!

     Les trois petites filles coururent le long de la rue principale qui traversait de part en part le village, passant sans s'arrêter devant les magasins de jouets et de bonbons, pourtant une de leur étapes favorites. Le paysage des magasins firent place aux palissades des résidences, puis petit à petit, à une rangée d’arbres plantés bien droit. La route de pierre fut peu à peu englouti par la terre et le lieu ne ressemblait plus tellement à un village, même si elles étaient encore à l'intérieur de celui-ci. Finalement, elles arrivèrent devant une arche fait de deux arbres dont les ramures s'entremêlaient avec élégance. De chaque côté, c'était une muraille de buis à perte de vue. Faisant fi de cette impression, Asuka, Mimiko et Mizuki longèrent le mur végétal vers l'est.
En cours de parcours, elles rencontrèrent leur quatrième partenaire. Couchée contre un arbre, la petite fille était endormie, emmitouflé dans un gros pull et un pantalon trop large pour elle, ses courts cheveux blonds balayant ses épaules.
-ARISA! L'appela Asuka. ARISA HAGANE!!!
La petite fille ouvrit les yeux soudainement et avec un sursaut, commença à débiter sans bégayer que c'était pas elle, c'était pas sa faute elle avait rien fait, l'aquarium s'était cassé tout seul, c'était le poisson qui voulait retourner dans son étang et elle ne dormait pas, puis finalement elle s'aperçut que ce n'était pas sa mère qui venait de la surprendre en train de faire une bêtise et elle se détendit.
-Asuka! Mimiko! Vous en avez mit du temps, pour peu je me serais presque endormie!
-tu T'ES endormi, répliqua Mimiko.
-Non, j'avais juste fermé les yeux pour les reposer. Je ne suis jamais fatiguée! Dites dites! Après qu'on aura vu les guérisseurs, on ira jouer aux pirates prés de la rivière?! Hein! Hein!
-Tu avais dit qu'on rentrerait pour faire des coloriages, rappela Mizuki à Mimiko.
-Les coloriages c'est trop nul, assura Arisa. C'est plus amusant de jouer aux pirates!
-Ce n'est pas vrai.
Mimiko grimaça, apparemment partagée entre l'envie qu'elle avait de jouer avec Arisa et Asuka et son devoir envers sa cousine. Toutefois, au moment où elle s'apprêtait à prendre une décision, elle poussa un glapissement d'indignation qui surpris ses camarades.
-Regardez dans NOTRE trou! Expliqua-t-elle en montrant du doigt un point dans le buis.
Un oiseau ou une autre bête avait bien abimé cette partie du buisson, créant un trou assez grand pour permettre à trois petites filles de s'y installer pour voir ce qui se passait de l'autre côté, cependant, à l'heure qu'il était, il était occupé par deux jambes et une jupe.
Les quatre petites filles se placèrent en rond autour de l'indésirable qui ne s'était pas encore aperçue de la menace. Puis finalement, c'est Asuka qui prit la parole:
-Hé! Toi! Sors de là!

le "Toi' se retourna alors, laissant voir un visage habité de deux grands yeux marrons et coiffé de deux petites couettes châtains bouclés.
-Qu'est ce qu'il y a? Demanda la petite fille qui devait avoir leur âge.
-T'as pas droit d'être là, c'est NOTRE trou! On l'a trouvée en premières!
-Il y a pas écrit votre nom que je sache, répliqua la fillette qui ne se sentait pas du tout menacée par les péronnelles qui l'entouraient.
-Si, maugréa Mimiko, tu dois t'en aller et nous laisser la place!
-Pourquoi?
-Parce que NOUS, on fait parti des grands clans et que toi tu fais parti des petits clans!
La raison ne sembla pas la convaincre et c'est Arisa qui entreprit de la faire descendre en la tirant par une jambe. Des quatre filles, c'était sans contexte Arisa la meilleure à la bagarre.
-Aïe! Tu me fais mal! Gémit l'intruse en s'accrochant de toutes ses forces à une branche, refusant de céder.
-Si c'est comme ça... Rala Mimiko en grimpant à son tour au buisson. Venez, on va la pousser!
Mimiko était de loin la plus vindicative, aussitôt à côté de la nouvelle venue, elle entreprit de prendre toute la place et de la pousser de l'observatoire. Mizuki, quand à elle, s'installa au contraire en retrait, présentant que cela finirait en arrachage de cheveux et en griffage de peau. Aaah pourquoi chercher tout ces ennuis quand on pouvait rester chez soi à dessiner des maisons et des nuages bleus!
Asuka et Arisa escaladait à présent les branches pour rejoindre leur copine et les quatres fillettes se retrouvèrent serrées, se poussant et se tirant en râlant et pleurnichant:
"Aïe tu m'as pincé! Attention je vais tomber! Ton coude est sur mes cheveux! Coupe-les! Tu m'écrases le pied!!! Hé! Tu me griffe avec tes ongles!"
Asuka eut soudainement envie d'envoyer une décharge électrique pour calmer tout le monde, mais elle savait qu'on leur avait interdit d'utiliser leur pouvoir pour se bagarrer. Mais elle ne respectait pas toujours cette règle. Sur cet aspect, Asuka aurait pût être comparée à un Pikachu, dés que quelque chose lui taper trop sur les nerfs... Comme ses cousins par exemple, elle n'hésitait pas à envoyer un bon coup de jus pour mettre les choses au clair.
Et c'est ce qu'elle fit lorsqu'elle entendit des voix venant du jardin qu'elles espionnaient.
Mizuki poussa un petit cri de peur quand elle vit la lumière jaune qui sortit d'Asuka et les filaments électriques qui en sortirent. Les trois filles à côté de la centrale électrique, elles, n'eurent pas le temps de s'écarter.
Ce n'était pas très douloureux, mais ce n'était pas très agréable non plus. C'était comme si des petites abeilles étaient venus les piquer sur tout le corps.
-Asuuukaaaa... Gémit Arisa.
-CHUT! ILS arrivent! L'arrêta t'elle en lui collant avec difficulté une main sur la bouche à cause de la promiscuité de leur corps.
-La prochaine fois je prendrais des bottes et des gants en caoutchouc, gémit Mimiko.

-CHuuuuuut! Firent cette fois-ci Asuka, mais aussi la petite intruse.
En effet, dans le jardin, une petite clairière tapissée d'une herbe folle qui aurait fait avoir une crise cardiaque à Lady Stuge Hien, quatre garçons firent leur apparition. D'âge différent, tous les cheveux châtains, portant de lâche chemises blanches et des pantalons bruns en cuir de daims, ils s'assirent en tailleurs par terre.
-Vous avez pas entendu un bruit? Demanda celui qui semblait avoir seize ans.
-Surement un lapin, suggéra le plus âgé des adolescents.
Le seul adulte présent hocha de la tête avant de s'approcher d'une vieille souche présente au milieu de la clairière. Il caressa l'écorce abimée et fit signe au plus jeune, resté jusque là silencieux, de s'approcher. Il venait d'avoir quatorze ans, mais comme ses grands frères, il était plutôt grand pour son âge, ses yeux étaient aussi verts que ceux de son père, l'un d'entre eux était de temps en temps caché par une frange trop longue. Tout le monde pouvait dire que c'était un enfant très sage, très calme, mais aussi très silencieux. Il donnait des frissons aux domestiques quand il se déplaçait sans bruit prés d'eux avec un visage où l'on ne voyait que très rarement une émotion.
Les petites filles retinrent leur respiration en voyant le garçon marcher jusqu'à la souche, puis poser une main sur elle.
-Cet arbre à mal... Il est malade... Déclara le garçon avant de lever la tête vers son père. On ne peut rien faire pour lui?
Eden Barton, son père qui était aussi le Chef du Clan des Feuilles, hocha la tête et ouvrit une besace qu'il portait à sa taille pour en sortir une graine qu'il mit dans la paume de la main du garçon.
-Si tu le désire plus que tout Trowa, tu peux le sauver.
Le dénommé Trowa considéra la graine d'un air pensif, puis la déposa au milieu de la souche avant de poser la main dessus et de fermer les yeux. Quelques minutes se passèrent sans que rien d'incroyable n'arrive, au grand damne des observatrices, puis Eden posa la main sur celle de son fils:
-Concentre toi Trowa, aide la à pousser!
Les yeux du garçon se plissèrent un peu plus et sous sa paume, avec une lumière verte, de longues tiges vertes sortirent de tous côtés, s'ornant de petites feuilles d'un vert très clair, ondulant le long de la souche, s'accrochant à l'écorce et aux petites branches.
-Wouaaahhh... C'est beauuuu... Firent doucement les fillettes, intriguant Mizuki qui regrettait à présent de n'être pas montée avec elles.
-Quoi? Qu'est ce qui est beau? Je veux voir aussi! Gémit-elle en bas de la haie. 
-JE SAVAIS BIEN QUE J'AVAIS ENTENDU UN BRUIT! Gronda soudainement le benjamin, réduisant à néant les efforts de son petit frère en le déconcentrant.
En effet, les tiges s'étaient brutalement rétractées pour revenir se loger dans l'enveloppe de la graine. Le chef du Clan lança un regard réprobateur à son fils qui était aussi excité que son cadet était calme.
-Damne! Qu'est ce qu'il y a de si important pour que tu braie comme un cerf Takashi?!
-Là! Se défendit-il en bondissant vers le buis, montrant du doigt les petites filles dont on ne voyait que le bout de leur nez dans l'obscurité. On nous espionne!
Les fillettes comprirent qu'il était l'heure pour elle de déguerpir et dans des cris typiquement féminins de gamines, elles
sautèrent de leur observatoire pour courir de toutes leurs forces loin du Clan des Feuilles.
-Attendez espèce de morveuses! Les menaça Takeshi en brandissant sa main vers le buis. D'abord je vais boucher ce trou.
-NON! L'arrêta Trowa en se plaçant devant lui.
-Qu'est ce qu'il y a encore?
Son petit frère se dirigea vers la haie, et écartant quelques branches, découvrit le nid rempli de petits œufs mouchetés qu'un merle avait construit.
-Il faut au moins attendre que les petits soient sortis du nid, déclara t'il avec un sourire rêveur.
-Alors tu savais depuis le début qu'elles étaient là? S'insurgea Takashi.
Trowa lui rendit un petit sourire mystérieux.
*Je ne vais pas lui dire qu'elles viennent toutes les semaines... J'espère qu'elles ne se sont pas fait du mal en sautant...*

    Les cinq gamines coururent jusqu’à arriver aux abords des jardins du Clan de la Lumière et s’écroulèrent à l’ombre d’un sapin, haletantes.
-Est-ce qu’il nous poursuit ? Demanda Asuka à Mimiko.
La brune ferma les yeux et resta un moment pensive avant de déclarer surement :

-Non. Il n’y a personne.

-Pffffioouuiii on l’a échappé belle ! Soupira l’inconnue qui les avait suivies.

Quatre têtes se tournèrent vers elle. Il n’y avait plus dans leurs yeux la colère et la froideur qu’il y avait eu lorsqu’elles s’étaient rencontrées, se faire prendre en flagrant délit de voyeurisme par les gens du Clan des Feuilles faisait parti des choses qui rapprochaient.
-Je m’appelle Naru. Naru Tamashi, se présenta t’elle en se levant et en arrangeant les plis de sa jupe. J’ai neuf ans et je fais parti du Clan des Psy.

-Je suis Asuka Hien, du Clan du Feu !

-Arisa Hagane, du Clan du Métal.
-Moi c’est Mimiko Ryu, du Clan de l’Eau.

-Et moi c’est Mizuki Hikaru, du Clan de la Lumière.

-Alors c’est bien vrai, vous faites parti des Clans principaux… Conclut Naru en les détaillants comme un scientifique découvrant une nouvelle bête bizarre.

Mais à bien des égards, les quatre fillettes devant elle ressemblait à n’importe quel enfant de leur âge, les cheveux décoiffés, les mains et les vêtements sales et pour certaine, les coudes éraflés ou des chevilles couverte de bleus.

La seule qui faisait contraste était Mizuki, elle portait une belle robe rose, ses cheveux étaient impeccablement coiffés en demi-couette et sur ses chevilles, on ne voyait aucune blessure d’aucune sorte. Naru en conclut qu’elle devait être plus sage que la plupart des enfants.

En réalité, Mizuki devait être la petite fille la plus maladroite du monde : s’il y avait un seul moyen de se faire du mal, elle était sur d’y tomber. Heureusement, son pouvoir la soignait à chaque fois en quelques minutes.
De plus, sa mère détestait quand elle salissait ou abimait un vêtement. Depuis sa plus tendre enfance, on lui avait enseigné le soin qu’il fallait porter à un vêtement. La raison était que le Clan de la Lumière était celui qui fabriquait les vêtements grâce aux vers à soie et aux moutons qu’ils élevaient et au lin et au coton que leur vendait le Clan de la Terre. 
A cause de cela, elle était moins téméraire que ses amies.

Naru était en train de l’observer quand le ventre de la brune se mit à pousser un long appel dans le silence. Elle rougit violemment et ses amies éclatèrent de rire.

-Moi aussi je commence à avoir faim, annonça Naru, allons gouter chez moi !

Sa déclaration fut vivement approuvée et la troupe remonta vers le centre du village.

-Pourquoi tu étais venu voir le Clan des Feuilles ? La questionna subitement Arisa. C’est la première fois qu’on te voit !

Pour la première fois, Naru parut être gênée et ses joues se teintèrent de rouge.

-J’avais envie de revoir quelqu’un…

-Et tu l’as revu ?

-Hm oui ! Regardez, on est arrivé ! Fit-elle en s’arrêtant devant la façade d’un commerce et d’y entrer.

Le son d’un furin se fit entendre quand elles entrèrent dans le restaurant presque vide. Ce n’était pas étonnant vu qu’il était quatre heures. Les petites filles lancèrent un bref regard à la salle décorée avec gout : quand on était enfant, ce genre de choses n’était pas importantes.

-MAMAN ! JE SUIS RENTREE ! Annonça Naru. J’ai amené des amies !

-Ah Naru ! Tu es enfin rentrée ! S’exclama une femme aux courts cheveux châtains, le visage sympathique et vêtue d’un tablier. Elle était suivie d’un petit garçon qui devait probablement être le petit frère de Naru.

-Tu es sortie sans mettre ton écharpe ! Maugréa sa mère en posant une main sur le front de Naru. Tu sais bien que tu sors d’une grippe ! Tu es encore un peu chaude, je devrais peut être rappeler le Clan des Feuilles… Oh tu as emmené des amies ! Finit-elle par s’apercevoir, ravie.

-Oui !

-Je ne les connais pas, elles sont du voisinage ? Demanda t’elle avec excitation avant de reconnaitre Arisa, mais tu n’es pas l’héritière du Clan du Métal ?! Il me semble t’avoir aperçu quand je suis allé voir Aaron-sama pour renouveler un set de couteau. Oh mais toi tu es l’héritière du Clan de l’Eau !

*grilléeeee…* grommelèrent Arisa et Mimiko en regardant un point très loin par terre.

Naru déglutit quand le visage de sa mère revint vers elle.

-Mais où es tu allée ?! Tu m’avais dit que tu allais dans le parc !

-C’est là où on la rencontrée ! Intervint Asuka, volant au secours de sa nouvelle amie.

-Vraiment ? Je croyais que les jeunes filles de grande famille ne fréquentaient pas ces lieux !

*En fait on est parti en cachette…* Continuèrent en pensée Arisa et Mimiko, toujours fixée sur leur point.
-On aime bien jouer au parc ! Mentit Asuka.

-Bon, et bien… Se radoucit la femme. Je ne vais pas vous laisser mourir de faim ! Montez ! Je vais apporter un gouter !

-Merci ! Chuchota Naru à Asuka en les poussant vers l’escalier.

Elle les conduisit dans un grand salon et les fit asseoir sur les divans.

-Ma mère est un vrai cordon bleu ! Assura t’elle, elle fait les meilleurs desserts de tout le village !

Mimiko hocha la tête en jouant du bout du pied avec une pelote de laine : il y en avait beaucoup dans la pièce, d’ailleurs les regards se tournèrent vite vers la robe qui se tenait sur un mannequin prés d’une vitre. D’un rose très pale, elle était décoré d’une chute de tulle où avait été cousu des petites roses en tissu. Naru releva le menton, très fière :

-C’est la robe que je vais porter pour le festival du Solstice d’Hiver et pour le Nouvel An ! C’est ma mère qui l’a entièrement faite ! 

-Elle est très belle, approuva Mimiko qui ne comprenait pas sa joie.

Pour elle et pour Arisa, ces cérémonies étaient une vraie corvée : on les obligeait à porter des vêtements serrés et lourds qui permettait à peine de mettre un pied devant l’autre et elles n’avaient pas le droit de jouer avec les autres enfants.

-On a fait de très jolies robes aussi, répliqua Mizuki par orgueil familial. Celle que je porterais sera couleur argent comme la lumière de la lune sur un lac !

Asuka préféra ne rien dire : dans sa famille, il était coutume de porter cette horrible laine quadrillée aux couleurs du Clan nouée sur une bête tunique blanche. Comme elle enviait Mizuki et Naru de pouvoir choisir leur tenue !

Au moins, elle pouvait toujours se moquer de ses cousins qui étaient obligé de porter une jupe… Ou un « kilt » comme les grands disaient…

A cette pensée, elle explosa de rire, s’attirant des regards étonnés qui se tournèrent vite vers la mère de Naru qui arrivait, un plateau couvert de différents mets qui semblaient délicieux.

Elles en oublièrent totalement les robes pour parler de la nourriture… et des incroyables pouvoirs des membres du Clan de la Terre ! 

A suivre...

09 avril 2008

Croquis du chapitre 1

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12 avril 2008

Chapitre 2: Voeu à la lune

    Il avait un voeu.

Il y pensait à chaque fois qu’il entendait la douce mélodie qui venait de l’ouest, regardant à travers le rideau de végétation dans l’espoir d’apercevoir les toits verts du conservatoire. Il en profitait à chaque fois qu’on l’envoyait balayer les feuilles de la cour, pour rêver à ce jour  où son ballon avait atterrit dans le jardin du Clan du Son. Il avait escaladé le mur avant de retomber dans un petit jardin à l’anglaise où il fut bien en peine de retrouver son jouet tellement les buissons étaient épais et de tailles variées.
C’est alors qu’il relevait la tête après une recherche vaine qu’il l’aperçut.
De l’autre côté d’une large fenêtre, nimbée de lumière, il y avait une très jeune fille assise à un piano. Outre le son merveilleux et serein de la voix et de l’instrument qui arrivait jusqu’à lui, elle lui apparut magnifique avec sa peau délicate, ses cheveux châtains mi-long qui formait un voile soyeux derrière elle, son joli petit nez mutin, l’ombre de ses longs cils sur ses joues et le sourire mystérieux accroché à ses lèvres. Elle était habillée d’une robe bien ajustée qui laissait voir le moins de peau possible avec une collerette blanche de fine dentelle, qui soulignait une délicieuse courbe de cou et des manches retroussées de la même matière d’où sortait des mains fines et agiles qui sautillaient comme un petit oiseau sur les touches du piano.

Il était resté figé par la vision, bien incapable de faire un pas en avant ou en arrière et complètement oublieux de son ballon.

Soudainement, comme alertée par les battements frénétiques de son cœur dans sa poitrine, les mains de la jeune fille s’immobilisèrent au dessus de l’instrument et de doux yeux de biche s’était tournés vers lui.

Au début curieuse, mais sans aucune malveillance, devant son air béat et maladroit, elle avait alors sourit chaleureusement.

Ce qui, inexplicablement, même pour lui, avait provoqué un grand embarras en lui et lui avait fait prendre la fuite.

    -Katoru Winner ! Aboya soudainement le professeur Roderick Hien en lui lançant une craie que le blond ne put éviter.

Elle rebondit sur son front avec un bruit sourd, lui laissant un point blanc au milieu des yeux. La plupart des autres élèves présents s’esclaffèrent devant l’air ahuri du garçon qui regardait le professeur aux cheveux noirs en pétard monter deux à deux les marches pour arriver à sa hauteur :

-Ca y est ? Tu es descendu de ton nuage ?

C’était l’expression qu’il utilisait pour éviter de lui faire remarquer qu’il était tout le temps dans la lune, terme que le jeune héritier du Clan de la Lune aurait surement eu du mal à porter.

-Oui monsieur, grommela Katoru en effaçant de son poing la marque blanche.

-Bien ! Mais dis moi, continua l’homme en s’approchant plus prêt de l’adolescent pour lui murmurer : elle doit être bien jolie la fille à laquelle tu pense pour que je sois obligé de te rappeler par trois fois… 

-Ah monsieur… Fit Katoru, gêné, en se frottant l’arrière de sa tête.

-Petit veinard va ! Si je ressemblais plus à un ange blond, j’aurais autant de succès que toi !

En effet, Roderick Hien ressemblait plus à un voyou qu’à un ange, ce qui ne l’avait pas empêcher de devenir professeur à l’académie où les jeunes de Yamamachi venaient prendre des cours pour maîtriser leurs capacités, comme un service militaire obligatoire.

-Oncle Roderick ! S’insurgea Wufei, un garçon plutôt taciturne aux cheveux noirs peigné en arrière que beaucoup, son oncle le premier, nommait « le rabat-joie ».

-Oui, bon, toussa l’homme, revenons au moment où Katoru nous as abandonné.

Le blond rougit aussitôt mais ne fit aucun commentaire tandis que le professeur revenait s’installer derrière son bureau.

-Comme vous le savez tous, vous êtes arrivé à un niveau de formation qui exige de vous entrainer plus particulièrement. C’est pour cela que l’on forme des groupes d’études. Oui Cloud ? S’interrompit le professeur en voyant le deuxième blondinet de la classe lever la main.

-On a le droit de choisir avec qui on veut être ?

Un sourire fleurit sur les lèvres de Roderick :

-Mais bien sur… Que NON ! Finit-il avec un air sadique, s’accueillant des grognements courroucés et des exclamations indignées des adolescents de 14 ans. J’ai déjà fait les groupes, ils sont sur ma liste !

La liste en question se souleva légèrement de la table, mais l’homme s’empressa d’y plaquer la main en foudroyant Cloud Hagane du regard.

Le petit portait bien son nom, membre du Clan du Métal, il jouait très bien avec la vapeur d’eau.

-Bon, bon… Equipe n°1 ! Heero Yuy !

Katoru tourna la tête vers l’adolescent au fond de la salle, à l’écart, aux cheveux bruns en pagaille et aux yeux bleus comme la mer, c’était le meilleur élève de leur promotion, mais aussi celui qu’ils préféraient le moins. Il regardait toujours les gens avec une immense méfiance, comme s’il allait les tuer. Ils n’avaient jamais vu aucun sourire illuminer le visage du garçon.

-Duo Maxwell !

-Oui Msieur ! S’exclama celui-ci en se levant comme une fusée avant de courir s’asseoir à côté de son partenaire.

Ils formaient un contraste saisissant assis l’un à côté de l’autre : Duo avec les cheveux et les yeux plus clair qu’Heero, mais malgré leur ressemblance, ils étaient le jour et la nuit. Duo avait de très longs cheveux châtains coiffé en tresse, un regard franc et rieur et un constant sourire sur ses lèvres. Il se dégageait de lui une impression de vitalité et de vie alors que de l’autre côté, on avait le danger et la mort.

-Salut Heero ! Fit Duo, on se connait pas très bien, mais je suis sur qu’on va bien s’entendre ! Après tout on a des points en communs ! Tu es bien le dernier membre du Clan de l’Air ? Moi aussi ma famille à été complètement exterminé et je vis seul ! Incroyable cette coïncidence !!!

Pour seule réponse devant la mine joyeuse du bavard, Heero leva la main d’un air inexpressif :

-Monsieur, on peut changer de partenaire ?

-Non ! Répliqua immédiatement le professeur.

-Trop cruel… Feignit Duo en tapant sur son cœur, comme s’il venait de le toucher à mort d’une flèche.

-Wufei Hien ! Termina Roderick.

Les autres élèves retinrent un frisson en voyant l’équipe qu’avait formé là Roderick alors que le brun rejoignait son équipe avec un long soupir.

-Bon, maintenant, l’équipe n°2… Kyo Hien !

Un garçon aux cheveux courts roux leva aussitôt la main. Habillé d’un jean et d’un ample haut de survet, c’était un des élèves les plus calmes de la classe, mais aussi un solitaire. Il avait des yeux orange avec une pupille plus étroite qu’à l’ordinaire qui lui donnait un petit air de chat. C’était un autre membre de la grande famille du feu, cousin de Wufei et lointain neveu de Roderick.

-Trowa Barton !

Tout le monde s’étonna et le nommé leva un sourcil perplexe avant de se diriger vers le roux. Mettre un membre du Clan du Feu avec un membre du Clan des Feuilles alors que les deux familles étaient rivales ! Les élèves se posaient de plus en plus de question sur la façon dont leur professeur avait fait ses listes.

-Et Katoru Winner !

Katoru se leva précipitamment et se posta, intimidé, aux côté du brun aux yeux verts comme le jade. Celui-ci lui rendit un petit sourire amical qui rassura le blond et lui fit perdre le cours des équipes qui se formait autour de lui.

   

    Le village tout autour d’elle se préparait à la fête du Solstice d’Hiver, tendant de grandes guirlandes de chaque côté de la rue principale. Cette rue était dallée et commençait devant l’arche du Clan du feu, pour traverser la ville, la rivière avec un joli pont peint de rouge, l’île où étaient placée le Temple, à nouveau la rivière avec un pont, puis se terminait devant l’arche du Clan des Feuilles. Elle était principalement bordée de restaurants, de bars, de salon de thé et de superettes et les jours de fêtes, elle était bondée de monde et de petites gargotes vendant des barbes à papas, des gaufres au Nutella et autres sucreries.

Tout le monde préparait l’évènement dans la joie et la bonne humeur, les fêtes de fin d’année étaient particulièrement appréciées qu’il s’agissait d’une semaine de liesse où seuls les commerçants de cette rue travaillait. On en profitait pour se retrouver en famille la journée, avant de retrouver ses amis aux fêtes le soir.

Shinobu et Kitsune, assise sur un tonneau, appréciait à leur juste valeur cette frémissante activité qui les entouraient.

-C’est pareil à la maison, révéla Kitsune. Si tu voyais ma maman… Elle est paniquée…

-Pourquoi ? Fit la petite fille blonde à côté d’elle, habillée d’un caleçon et d’un gros manteau.

-Parce que c’est ma maman qui a été choisie pour danser devant tout le monde !

Kitsune, jolie rousse à la peau blanche était bien partie pour devenir aussi belle que sa mère, la charmante Katsura Hien qui avait fait beaucoup de malheureux en acceptant d’épouser Kotarô Chelyan, du Clan de la Terre. Elle était réputée pour être la plus belle femme du village. Réputation dont elle se serait bien passée cette année, même si danser pour la nouvelle année était un grand honneur et permettait, selon la tradition, d’appeler le soleil pour que les journées s’allongent.

Ces fêtes étaient accompagnées de tout un tas de tradition, par exemple, on disait que s’il faisait beau le jour de l’An, c’était que l’hiver ne durerait pas longtemps. On disait aussi que croiser un Tanuki ce jour là était signe de prospérité financière et que le premier rêve de l’année était divinatoire…

-L’année dernière j’ai rêvé d’un concombre qui faisait la taille d’une maison… Songea Kitsune, mais ça ne s’est pas réalisé…

-C’est normal, c’est impossible ! Ria Shinobu.

-Meuh… Grommela la gamine, ce serait bien.

-KITSUNE !!! Allez ma chérie, on y va ! L’appela son père, un homme de forte musculature aux yeux et aux cheveux bruns.

Sa principale qualité était que c’était quelqu’un de très serviable, ce qui malheureusement le desservait par la faute du nom que lui avait donné ses parents, qui faute d’arriver à trouver un prénom imaginatif pour leur cinquième enfant, l’avaient appelé avec le nom banal des chiens. (ps : Kotarô est l’équivalent de Médor ou Brutus au Japon.)

Il venait de faire la livraison de bottes d’orges à la brasserie et de farines au salon de thé et s’apprêtait à rentrer après avoir récupéré les filles qu’il avait laissées dans l’allée principale. Mais évidemment, l’une en avait profité pour se faire la malle.

-Tsune, ma chérie, où est ta grande sœur ?

Celle-ci haussa les épaules, peu intéressée par le devenir de sa sœur ainée qui devait probablement trainer du côté des boutiques de vêtements et d’accessoires avec son équipe. A la place de ça, elle tira sur un bout du pantalon bouffant de son père :

-Ce soir, je pourrais manger de la barbe à papa ?

-Si tu es sage et que tu t’en mets pas partout, oui, annonça rapidement l’homme en cherchant des yeux son ainée et attrapant la main de sa cadette pour l’emmener derrière lui.

Celle-ci se laissa entrainer, faisant des signes de la main à Shinobu pour lui dire au revoir.

    La petite fille blonde se retrouva alors toute seule et soupira car l’école était finie et il lui restait quelques heures avant le début des festivités. Elle sauta de son tonneau et marcha le long de la grande allée, observant les décorations. Au passage, elle aperçut Maya, la grande sœur de Kitsune, châtain comme son père, sortant de la rue des Tailleurs avec à ses côtés, un membre du Clan de la Roche et un membre d’une famille auxiliaire.

Elle arriva au pont, appréciant le bruit de ses pas sur le bois et se penchant pour admirer la clarté de l’eau. Elle passa sa tête à travers les planches pour mieux regarder les poissons bruns qui s’ébattait tranquillement, quand soudainement deux mains la prirent à la taille pour la redresser :

-Fait attention, c’est dangereux ! Fit une voix masculine, douce et claire, qui ne semblait pas avoir encore muée.

Shinobu se retourna pour découvrir un « grand » aux courts cheveux blonds et aux yeux aussi bleus qu’elle. Il portait un hakama bleu foncé avec le symbole d’une lune brodée sur son cœur, le même croissant qu’on pouvait voir en haut de l’arche qui se tenait au bout du pont.

-Grand frère Katoru…

-Combien de fois t’ais-je dis que tu ne devais pas faire ça ?! Morigéna le garçon en attrapant la main de l’enfant pour la mener sur la terre ferme.

Une fois les pieds sur la terre battue de la cour du temple, Katoru plaça la fillette devant lui pour arranger sa tenue et retirer des poussières invisibles, ce qui agaçait prodigieusement l’enfant qui se débattit entre les mains de son grand frère.

-Grand frère ça va comme ça!!!

-C’était comment l’école ? Enchaina-t-il, aucun garçon ne t’a embêté au moins ?!

-MAAAMMMAAAAN GRAND FRERE SE PREND ENCORE POUR TOI !!!! Hurla Shinobu en échappant à son frère pour se jeter dans les bras de sa mère qui venait du jardin.

Celle-ci rit de bon cœur en observant l’air outré de son fils. Katoru ADORAIT sa petite sœur adoptive, mais il avait tendance à trop la couver. Katherine Winner était une femme aussi blonde que les deux enfants, aux cheveux très longs et ondulés, elle avait une beauté fragile qui l’avait presque prédestinée à bien porter le kimono rouge des mikos. Elle caressa affectueusement la tête de Shinobu et la petite fille leva le nez vers elle, radieuse. Les deux femmes restèrent un instant ainsi, les yeux dans les yeux, jusqu’à ce que, jaloux, le grand frère vienne se placer entre elles.

-Pourquoi vous n’iriez pas vous préparer pour la fête ? Proposa Katherine.

-Oui, je veux aider Shinobu à mettre son kimono ! Intervint Katoru.

-Nan !

-Alleeezzz Shiniiii… Laisse-moi te nouer ton kimono…

-Nan ! Je ne veux pas pour le moment, je veux profiter des quelques instants où je peux jouer librement ! Lança-t-elle en courant vers le jardin, telle une fusée.

-Comment s’est passé ta journée à l’Académie ? Demanda finalement Katherine à son fils. Vous avez été répartis n’est ce pas ?

-Oui ! Annonça Katoru. Je crois que je vais bien m’entendre avec mes partenaires !

    Shinobu s’amusait à poursuivre un écureuil qui ramassait les glands tombés par terre, quand soudainement, elle se figea, entendant le doux air d’une musique. Vérifiant que personne n’était dans les parages, elle grimpa sur un arbre avec l’agilité d’un singe, pour monter sur le petit toit du mur qui faisait le tour du temple.

Une fois sur son perchoir, elle chercha d’où venait le son et en conclut qu’il venait du groupe de bâtiments aux toits verts dans la partie sud du village.

Tel frère, telle sœur, elle ne put s’empêcher de vouloir s’approcher et, faisant quelque chose qui aurait tenu hérissé les cheveux de Katoru pendant plus d’un mois, elle sauta au dessus de la rivière pour s’accrocher à une longue branche d’un arbre du bord qui se plia sous son poids, lui servant de liane pour sauter sur la rive sans dégât.

Elle devenait forte pour ce genre d’acrobatie : c’était son moyen pour quitter le temple sans être vue de personne quand l’envie lui en prenait. Shinobu courut le long des rues désertée par les passants qui étaient rentrés se préparer alors que le soleil se couchait. Elle arriva alors devant le mur qui cloisonnait un groupe de maison et pris de l’élan pour l’escalader. Ses premières tentatives se conclurent par des paumes de mains et genoux écorchés, puis à force de persévérance, elle réussit à s’agripper et à se laisser tomber de l’autre côté dans un grand « BOUM » la tête la première dans un buisson.

-Aïe ! Aïe ! Aïe ! Gémit la gamine, proche des pleurs, se tenant la tête de ses mains.

-Oh mon dieu ! Tu vas bien ? Fit la voix d’une autre petite fille et Shinobu s’aperçut que le magnifique son avait disparu.

Elle ouvrit un œil sur sa vis-à-vis, une petite fille aux longs et raides cheveux châtains et aux yeux bruns chaleureux. Elle portait une longue robe bleue turquoise et tenait dans sa main une flute noire.

-La musique, c’est toi ? S’étonna Shinobu qui pensait que seule une adulte pouvait jouer ainsi.

-Oui… Je révise, je suis un peu nerveuse, je vais jouer devant un public pour la première fois ce soir…

-Je suis tombée… Gémit Shinobu.

-Oui, j’ai vu ça, ria la musicienne en sortant un mouchoir d’une de ses poches pour effacer toute trace de terre sur son visage. On ne s’est jamais rencontrée je crois : Je suis Isaka.

-Et moi Shinobu, j’habite au temple ! Réussi t’elle à dire alors qu’Isaka frottait son mouchoir sur ses joues.

-Voila, terminé ! La prochaine fois que tu veux venir, passe plutôt par la porte d’entrée !

-Oui, promit Shinobu en se remettant sur ses pieds. Il faut que je parte maintenant.

-Tu reviendras hein ?! Puisque tu aime la musique, pourquoi ne pas venir prendre des cours au conservatoire ? On pourrait jouer de la flute ensemble !

-Je demanderais à mes parents !

-Hé Shinobu !

-Oui ?

-Tu pouvais passer par la porte aussi pour repartir…

-HEIN ?! PAS POSSIBLE !!!! HAAAA !!!

BOUM !

-SHINOBU ?! TU VAS BIEN !!! Appela Isaka de l’autre côté du mur, ayant vu la petite fille blonde dégringoler aussitôt montée.

-JE VAIS BIEN !!! Fit cette dernière derrière la paroi.

Isaka étouffa un rire avant de rentrer à l’intérieur où ses parents devaient l’attendre, le cœur plus léger par cette rencontre imprévue.

    C’était le premier soir de fête et Kitsune dévorait sa barbe à papa bien méritée en compagnie de Shinobu qui se tartinait le nez en mangeant sa crêpe au Nutella. La rue était envahie par les enfants qui couraient d’animation en animation pendant que les adultes terminaient leur dîner dans les bars, discutant de choses ennuyeuses.

Pour les plus grands enfants, c’était l’occasion de draguer ou de se faire draguer un peu en se faisant remarquer sur la piste de danse installée sur la place du village, pour les plus jeunes, c’était le moment de s’amuser en dépensant les quelques pièces de monnaies économisée dans ce but.

Kitsune s’essaya à la pèche aux poissons sans grand succès, les carpes étaient trop rapides pour elle et quand elle réussit finalement à en prendre une, l’épuisette se déchira sous son poids pour le remettre à l’eau.

-AAAHHHH !!!! Gémit la petite fille.

-C’est pas de chance ! Déclara l’homme qui tenait le stand devant l’air dépité de la gamine.

Elle fit la moue, observant les créatures aquatiques d’un air boudeur. A côté d’elle, Shinobu s’essayait à la pèche au crochet de ballon d’eau coloré et ses tentatives étaient aussi peu fructueuse.

-C’est de l’arnaque, maugréa t’elle en croisant les bras.

-Non, c’est une question d’adresse et de rapidité, expliqua une voix grave derrière elle.

Elle tourna la tête et découvrit un adolescent aux cheveux blonds en pétards, des yeux d’un bleu magnifique et au visage calme. A côté de lui se tenait une petite fille survoltée qui, les bras remplis de peluche, ne cessait d’aller et venir, de tourner la tête en s’écriant « Cousin cousin ! Aide-moi à faire du tir à la carabine ! Cousin cousin ! Allons dans ce manège ! Cousin cousin ! Le dauphin gonflable est trop mignon, aide moi à le gagner ! »

Sans y faire attention, apparemment habitué, le garçon demanda une épuisette au vendeur et se pencha sur le bassin pour se mettre à la même hauteur que Kitsune.

-Le truc, c’est d’en choisir un pas trop grand, mais c’est vrai que les petits sont plus rapides…

Il enfonça sa main dans l’eau, et d’un geste rapide et précis, souleva l’un des poissons qui battit furieusement des nageoires.

-Et voila !

-SUUUPPPERRRRR !!! S’exclama la rousse en le regardant avec de grands yeux émerveillés.

-C’est ma technique secrète de pèche aux carpes ! Déclara-t-il tout-à-trac en lui tendant le petit sac plastique rempli d’eau et du poisson que venait de lui remettre le vendeur.

-C’est pour moi ? Demanda Kitsune, hésitante.

-Oui, tu avais l’air de le vouloir vraiment, acquiesça t’il avec un sourire.

-Merci beaucoup !

Elle récupéra le sac en regardant le poisson d’un air satisfait.

-Je l’appellerais Bubulle ! Continua-t-elle.

Il étouffa un petit rire, puis se sentit tiré par sa cousine qui tenait ABSOLUMENT « à gagner le dauphin gonflable tout de suite parce que au sinon quelqu’un allait le gagner avant elle et ça c’était intolérable. ».

-Je m’appelle Cloud Hagane, précisa t’il. Et la tempête derrière moi, c’est Arisa.

-Je suis Kitsune Chelyan, j’ai 9 ans, se présenta t’elle comme on l’avait habituée.

-Comme ma cousine alors, désolé je dois y aller ! S’excusa t’il alors qu’Arisa avait décidé de partir toute seule et qu’il était le cousin attitré pour veiller sur la petite fille pendant la fête.

Kitsune le regarda partir en se disant qu’il était plutôt gentil, en plus, il lui avait offert le poisson qu’il avait gagné. Elle se détourna pour voir que le grand frère de Shinobu était aussi venu l’aider et s’était lancé dans un jeu de conserve pour gagner un gros panda en peluche.

C’était dans ces moments là que Kitsune regrettait de n’avoir pas de frère et de ne pas bien connaitre ses cousins du Clan du Feu, car du côté de son père, il n’y avait presque que des filles, c’était comme une malédiction.

Elle décida d’abandonner Shinobu car Katoru Winner était insupportable quand il était prés d’elle : il l’accaparait totalement.

Elle flâna au hasard, puis courut vers son père alors qu’il sortait d’une échoppe : les tambours de la grande place résonnaient dans toute la ville, c’était le moment de la Danse cérémoniale de la nouvelle année.

C’était un appel qui faisait sortir tous les adultes, car aucun d’entre eux n’auraient raté ce spectacle, à vrai dire, personne dans le village ne seraient absent et les enfants avaient abandonnés immédiatement leurs activités et la piste de danse avait été libérée.

Il faisait nuit noire et seules quelques torches éclairaient la place et les musiciens. Il y avait là tout l’orchestre du Clan du Son, du plus gros tambour à la plus petite clochette. Au milieu, on pouvait apercevoir Isaka dans sa robe couleur de ciel, sa flute préparée devant elle, en train de remuer nerveusement les pages de sa partition.

Maintenant que tout le village était là, un immense brouhaha avait pris possession des lieux, mais il cessa immédiatement quand les derniers roulements de tambours se turent et que les torches s’éteignirent toutes ensembles, plongeant les gens dans l’obscurité.

Kitsune se serra contre son père mais celui-ci la rassura :

-Ca va être au tour de maman !

Effectivement, quand les flammes se rallumèrent d’elles même, Katsura Chelyan se tenait au milieu de la place, dans une tenue faite de voileries rouges et or, des bijoux au cou et aux poignets. Les musiciens commencèrent à jouer un air doux et joyeux, qui petit à petit, devenait de plus en plus rapide et enjoué. C’était une belle mélodie, mais plus que la chanson, les attentions étaient toute à la jeune femme qui dansait au centre, son corps se balançant en rythme saccadé comme une flamme, ce qu’en donnait l’illusion le châle couleur de feu qu’elle faisait tourner autour d’elle, l’entourait et l’emprisonnait parfois. C’était comme si elle luttait contre lui, sans jamais avoir l’avantage ou le dessous.

Elle s’effondra sur la piste de danse au moment même où les instruments se turent et la place parut perdre de sa luminance et de sa chaleur, comme si la jeune femme les avait éclairés telle un feu de bois en hiver.

Les applaudissements ne se firent pas attendre, plus des sifflements et Katsura se releva pour saluer, les joues rouges par l’effort et la joie.

Malheureusement pour tout le monde, cela signait la fin de cette soirée et il était temps de mettre les enfants au lit, même s’ils assuraient en retenant leurs bâillements que « non j’ais pas sommeil, même que je pourrais rester ici toute la nuit et la journée de demain ! ».          

A suivre…